En direct du terrain

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Najia

Chargée de projets chez Afghanistan Libre

Najia a été une des premières élèves de l’école Malalaï, construite par Afghanistan Libre dans le Panjshir. Elle a depuis rejoint l’équipe d’Afghanistan Libre en tant que chargée de projets.

« Lorsque j’étais petite, écrire me rendait heureuse ! C’était tellement vital pour moi que j’aurais pu écrire sur les murs.

À cette époque, le quotidien était difficile : les pierres et la poussière qui jonchaient le sol de mon école nous blessaient les pieds. Malgré tout, mes amis et moi y allions toujours avec cette même soif d’apprendre, en espérant un lendemain meilleur. Mais rien ne changeait. Ma mère me disait toujours : « garde espoir, chaque jour a une fin et ses problèmes avec ». Cet espoir ne m’a jamais quitté : demain, les nuages noirs partiront pour laisser place au soleil.

Je me souviens du jour où plusieurs personnes sont venues nous proposer, mes camarades et moi, de construire une nouvelle école, rien que pour nous les filles. Nous avons toutes dit oui ! J’étais présente à la pose des premières pierres. C’est à cette occasion que j’ai rencontré trois personnes que je n’oublierai jamais : Ahmad Shah Massoud, qui a donné le terrain pour la construction, Chékéba Hachemi, la présidente d’Afghanistan Libre, l’association qui construisait l’école, et Nazim Akrami, aujourd’hui directeur de cette association en Afghanistan.  

L’école a ouvert plusieurs mois après, à la rentrée scolaire 2002. Tout en haut de la porte il était inscrit « Ecole de filles de Malalaï ». Avec mes camarades, nous sommes entrées et avons fait le tour. Tout était neuf ! Et les couleurs du bâtiment étaient tellement belles ! L’équipe d’Afghanistan Libre nous a aussi donné des stylos, des cahiers, des livres, des crayons de couleur etc. Nous étions si heureuses ! Quand ils nous ont donné les cahiers c’est comme s’ils nous apportaient le monde entier. C’était un jour magnifique ! Le premier de mes meilleurs souvenirs.

L’école Malalaï est devenue ma deuxième maison. Durant toute ma scolarité, je me sentais comme un oiseau libre. Jour après jour, nous étions de plus en plus intéressées par les études. L’école se modernisait d’année en année : infirmerie, terrain de basket, etc.

Quelques temps après, Afghanistan Libre a même mis en place des cours d’alphabétisation pour les femmes du village et je me suis portée volontaire pour animer ces ateliers. Je suis donc devenue professeure les heures où je n’avais pas cours. J’avais 20 élèves dont une femme de 70 ans ! J’étais heureuse de pouvoir partager mes connaissances avec d’autres Afghanes.

Après le Kankor (équivalent du Baccalauréat), j’ai poursuivi des études pur devenir enseignante. Quand j’ai eu mon diplôme, Afghanistan Libre m’a permise de trouver mon premier emploi. Plus tard, j’ai eu l’envie de m’engager auprès de cette association qui m’avait tant donnée. A ma plus grande joie, M. Akrami, le directeur, a accepté de m’engager en tant qu’assistante des chargés de projets.

Je souhaite désormais reprendre mes études pour avoir un master en management. Mon souhait le plus grand est de ressembler à ma mère, honnête et travailleuse, mais aussi, à Chékéba Hachemi qui, par son courage, contribue au développement des droits des femmes de mon pays. »

Ogay

Bénéficiaire des Classes Digitales

« Je m’appelle Ogay, je suis élève de première au lycée de Naswan Paghman, j’ai commencé l’école en 2008 dans le village de Nader Khel du district de Paghman, province de Kaboul. Avec beaucoup de difficultés, j’ai continué ma scolarité jusqu’en première. Dans notre village, les filles étaient rarement autorisées à aller à l’école, ici il n’y avait pas d’école et nous avons dû faire un long voyage à travers de nombreux villages pour nous rendre à notre école, mais maintenant nous avons une école dans notre propre village et nous y étudions confortablement. Je suis aussi élève des Classes Digitales d’Afghanistan Libre et je suis très heureuse d’y étudier. Je dois dire que depuis que j’ai rejoint les Classes Digitales, j’ai constaté de nombreux progrès, j’ai découvert l’importance et la valeur des nouvelles technologies dans ma vie, et je suis capable de parler anglais et de travailler avec de nombreux logiciels informatiques.

J’ai toujours rêvé d’avoir des cours comme les Classes Digitales dans notre école, parce que nous n’avions pas le droit de rejoindre le centre éducatif privé en dehors de notre campus scolaire. J’étais la meilleure élève de ma classe, j’ai toujours obtenu 100/100 de note dans toutes les matières de notre programme d’études, mais je ne pouvais pas pu obtenir 100/100 de note en informatique, mais maintenant je peux. J’espère devenir économiste à l’avenir et les matières en informatique et en anglais m’ont beaucoup aidé ».

Hamida

Bénéficiaire des sessions d’éducation à la santé 

« Bonjour, je m’appelle Hamida, je suis l’une des bénéficiaires des sessions d’éducation à la santé de la Maison de Femmes de Malalai. Tout d’abord, merci beaucoup pour la formation en santé des femmes chaque année dans la province du Panjshir.

Grâce à ces sessions, j’ai appris tellement de choses sur les questions de santé qui sont très utiles et  efficaces dans la vie quotidienne. Ainsi, je savais quoi faire quand un jour mon fils a été blessé au-dessus des sourcils. J’étais tellement inquiète, mais j’ai commencé à lui donner les premiers soins comme j’ai appris lors des sessions: j’ai appliqué de l’alcool, de la crème et des bandages sur ses sourcils et je l’ai fait pendant quelques jours. Maintenant, mon fils va bien et je suis fière de l’avoir soigné toute seule. »

Deba

Bénéficiaire de la formation des professeur.e.s

« Je m’appelle Deba et j’ai 25 ans. Je suis célibataire et je vis à Paghman. J’ai étudié jusqu’en grade 14 [équivalent bac+2]. La situation n’était pas très bonne pour mes études. J’étais très inquiète pour ma sécurité car c’est très difficile pour une fille d’aller étudier loin de chez elle. Heureusement ma famille m’a toujours soutenue mais ils ont dépensé beaucoup d’argent en louant une voiture pour me conduire à l’université. Tout notre argent passait dans le transport et je n’avais pas de quoi acheter le matériel nécessaire pour bien étudier.

Maintenant je suis enseignante de mathématiques dans l’école Naswan Paghman et j’aime beaucoup mon métier. Mais j’ai beaucoup de problèmes pour faire les graphiques et pour les statistiques. Le programme d’Afghanistan Libre a été très utile et important pour moi car il m’a permis de régler mes problèmes. J’ai l’impression de pouvoir mieux expliquer à mes élèves et de leur être plus utiles, d’être une meilleure professeure. »

Najma

Bénéficiaire de la préparation au Kankor

Zahra

Bénéficiaire d’une lampe solaire dans le cadre du projet 1 light/1 Tazkira​

« Je m’appelle Zahra, je suis une élève de Terminale au lycée de Naswan Paghman. J’ai reçu  une lampe solaire en 2016 qui m’a été très utile. Je veux réussir l’examen du Kankor. Je voudrais devenir avocate et je veux réussir à l’université. La lampe m’aide à étudier la nuit et je pense que je peux réussir l’examen du Kankor. De plus, la lumière me fait me sentir plus en sécurité quand je retourne de l’école et qu’il fait noir dehors. »

Mahajra

Bénéficiaire des consultations de la sage-femme

« Je m’appelle Maharja et je suis les sessions d’éducation à la santé de la Maison de Femmes d’Abdullah Bin Omar, je suis aussi une patiente de la sage-femme. Je suis allée voir la sage-femme 4 fois pendant ma grossesse : 3 fois avant l’accouchement et une fois après. J’ai toujours suivi les conseils de la sage-femme. Les consultations de la sage-femme ont été très efficaces pour moi parce que c’est la première fois que je suis mère. J’ai eu un accouchement normal, donc j’étais très heureuse. Grâce à la sage-femme, je vis heureuse avec mon bébé. »