Portraits et Témoignages

Portraits et témoignages

Interview Portrait : Nazim Akrami, directeur pays d’Afghanistan Libre

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours professionnel ?

Je m’appelle Mohammed Nazim Akrami. Par le passé, j’ai travaillé en première ligne contre le régime des Talibans pour le compte du Ministère des Affaires Etrangères de la République Islamique d’Afghanistan. Puis, en 2001, j’ai été recruté en tant qu’agent logistique d’Afghanistan Libre et jusqu’en 2016, j’ai effectué des missions de logistique, de coordination de projets, de sûreté et de sécurité. Mi-2016, j’ai été nommé Directeur pays d’Afghanistan libre au bureau de Kaboul.

En quoi consiste votre travail au sein d’Afghanistan Libre ?

Je suis le directeur pays d’Afghanistan Libre en Afghanistan. Le but d’Afghanistan Libre est d’offrir une éducation de meilleure qualité pour les filles, notamment au travers des Classes Digitales, des classes de préparation au Kankor (équivalent du baccalauréat), un programme WASH (eau, assainissement et hygiène) et des crèches. Elle participe également à l’autonomisation des femmes et la mise en place d’activités génératrices de revenus, notamment grâce à des cours de couture, ainsi qu’au soutien aux femmes enceintes et la prévention de la mortalité maternelle et infantile, grâce à un programme de consultation de sage-femme.

Quelles sont, selon vous, les valeurs les plus importantes dans votre métier ?

Au cœur de nos priorités se trouvent la rigueur, l’honnêteté, l’intégrité et la fourniture de nos services à ceux qui en ont besoin, en particulier les femmes, qui ont été placées dans une situation d’inégalité considérable en raison de l’insécurité et des décennies de guerre qui ont marqué le pays.

Pouvez-vous nous expliquer l’ensemble des mesures prises par l’association en Afghanistan pour répondre à la crise du COVID-19 ?

Afghanistan Libre a la capacité de s’attaquer à la pandémie du COVID-19 dans deux provinces d’Afghanistan et nous avons déjà acquis de l’expérience en la matière en mettant en œuvre un bref projet réussi de réponse au COVID-19 dans le district de Paghman, situé dans la province de Kaboul. Ce projet comprenait des activités telles que la fabrication de masques (par d’anciennes bénéficiaires de nos cours de couture), la compilation et l’impression de brochures d’information textuelles et illustrées sur le COVID-19, ainsi que l’achat et la distribution de matériel d’hygiène aux familles les plus vulnérables du district de Paghman. La qualité du matériel fourni a été évaluée et appréciée par les responsables du district concerné.
Nous avons également conçu un autre projet en réponse au COVID-19 dans les provinces de Parwan et de Kapisa. Des activités telles que la fabrication de masques, l’impression de brochures d’information sur le COVID-19, la distribution de matériel d’hygiène aux familles et la sensibilisation par le biais d’une chaine de radio locale seront menées. Nous avons prévu de toucher 400 000 familles bénéficiaires grâce à ce projet.

Retrouvez des témoignages des bénéficiaires de nos projets

Najia

Chargée de projets chez Afghanistan Libre

Najia a été une des premières élèves de l’école Malalaï, construite par Afghanistan Libre dans le Panjshir. Elle a depuis rejoint l’équipe d’Afghanistan Libre en tant que chargée de projets.

« Lorsque j’étais petite, écrire me rendait heureuse ! C’était tellement vital pour moi que j’aurais pu écrire sur les murs.

À cette époque, le quotidien était difficile : les pierres et la poussière qui jonchaient le sol de mon école nous blessaient les pieds. Malgré tout, mes amis et moi y allions toujours avec cette même soif d’apprendre, en espérant un lendemain meilleur. Mais rien ne changeait. Ma mère me disait toujours : « garde espoir, chaque jour a une fin et ses problèmes avec ». Cet espoir ne m’a jamais quitté : demain, les nuages noirs partiront pour laisser place au soleil.

Je me souviens du jour où plusieurs personnes sont venues nous proposer, mes camarades et moi, de construire une nouvelle école, rien que pour nous les filles. Nous avons toutes dit oui ! J’étais présente à la pose des premières pierres. C’est à cette occasion que j’ai rencontré trois personnes que je n’oublierai jamais : Ahmad Shah Massoud, qui a donné le terrain pour la construction, Chékéba Hachemi, la présidente d’Afghanistan Libre, l’association qui construisait l’école, et Nazim Akrami, aujourd’hui directeur de cette association en Afghanistan.  

L’école a ouvert plusieurs mois après, à la rentrée scolaire 2002. Tout en haut de la porte il était inscrit « Ecole de filles de Malalaï ». Avec mes camarades, nous sommes entrées et avons fait le tour. Tout était neuf ! Et les couleurs du bâtiment étaient tellement belles ! L’équipe d’Afghanistan Libre nous a aussi donné des stylos, des cahiers, des livres, des crayons de couleur etc. Nous étions si heureuses ! Quand ils nous ont donné les cahiers c’est comme s’ils nous apportaient le monde entier. C’était un jour magnifique ! Le premier de mes meilleurs souvenirs.

L’école Malalaï est devenue ma deuxième maison. Durant toute ma scolarité, je me sentais comme un oiseau libre. Jour après jour, nous étions de plus en plus intéressées par les études. L’école se modernisait d’année en année : infirmerie, terrain de basket, etc.

Quelques temps après, Afghanistan Libre a même mis en place des cours d’alphabétisation pour les femmes du village et je me suis portée volontaire pour animer ces ateliers. Je suis donc devenue professeure les heures où je n’avais pas cours. J’avais 20 élèves dont une femme de 70 ans ! J’étais heureuse de pouvoir partager mes connaissances avec d’autres Afghanes.

Après le Kankor (équivalent du Baccalauréat), j’ai poursuivi des études pur devenir enseignante. Quand j’ai eu mon diplôme, Afghanistan Libre m’a permise de trouver mon premier emploi. Plus tard, j’ai eu l’envie de m’engager auprès de cette association qui m’avait tant donnée. A ma plus grande joie, M. Akrami, le directeur, a accepté de m’engager en tant qu’assistante des chargés de projets.

Je souhaite désormais reprendre mes études pour avoir un master en management. Mon souhait le plus grand est de ressembler à ma mère, honnête et travailleuse, mais aussi, à Chékéba Hachemi qui, par son courage, contribue au développement des droits des femmes de mon pays. »

Ogay

Bénéficiaire des Classes Digitales

« Je m’appelle Ogay, je suis élève de première au lycée de Naswan Paghman, j’ai commencé l’école en 2008 dans le village de Nader Khel du district de Paghman, province de Kaboul. Avec beaucoup de difficultés, j’ai continué ma scolarité jusqu’en première. Dans notre village, les filles étaient rarement autorisées à aller à l’école, ici il n’y avait pas d’école et nous avons dû faire un long voyage à travers de nombreux villages pour nous rendre à notre école, mais maintenant nous avons une école dans notre propre village et nous y étudions confortablement. Je suis aussi élève des Classes Digitales d’Afghanistan Libre et je suis très heureuse d’y étudier. Je dois dire que depuis que j’ai rejoint les Classes Digitales, j’ai constaté de nombreux progrès, j’ai découvert l’importance et la valeur des nouvelles technologies dans ma vie, et je suis capable de parler anglais et de travailler avec de nombreux logiciels informatiques.

J’ai toujours rêvé d’avoir des cours comme les Classes Digitales dans notre école, parce que nous n’avions pas le droit de rejoindre le centre éducatif privé en dehors de notre campus scolaire. J’étais la meilleure élève de ma classe, j’ai toujours obtenu 100/100 de note dans toutes les matières de notre programme d’études, mais je ne pouvais pas pu obtenir 100/100 de note en informatique, mais maintenant je peux. J’espère devenir économiste à l’avenir et les matières en informatique et en anglais m’ont beaucoup aidé ».

Hamida

Bénéficiaire des sessions d’éducation à la santé 

« Bonjour, je m’appelle Hamida, je suis l’une des bénéficiaires des sessions d’éducation à la santé de la Maison de Femmes de Malalai. Tout d’abord, merci beaucoup pour la formation en santé des femmes chaque année dans la province du Panjshir.

Grâce à ces sessions, j’ai appris tellement de choses sur les questions de santé qui sont très utiles et  efficaces dans la vie quotidienne. Ainsi, je savais quoi faire quand un jour mon fils a été blessé au-dessus des sourcils. J’étais tellement inquiète, mais j’ai commencé à lui donner les premiers soins comme j’ai appris lors des sessions: j’ai appliqué de l’alcool, de la crème et des bandages sur ses sourcils et je l’ai fait pendant quelques jours. Maintenant, mon fils va bien et je suis fière de l’avoir soigné toute seule. »

Deba

Bénéficiaire de la formation des professeur.e.s

« Je m’appelle Deba et j’ai 25 ans. Je suis célibataire et je vis à Paghman. J’ai étudié jusqu’en grade 14 [équivalent bac+2]. La situation n’était pas très bonne pour mes études. J’étais très inquiète pour ma sécurité car c’est très difficile pour une fille d’aller étudier loin de chez elle. Heureusement ma famille m’a toujours soutenue mais ils ont dépensé beaucoup d’argent en louant une voiture pour me conduire à l’université. Tout notre argent passait dans le transport et je n’avais pas de quoi acheter le matériel nécessaire pour bien étudier.

Maintenant je suis enseignante de mathématiques dans l’école Naswan Paghman et j’aime beaucoup mon métier. Mais j’ai beaucoup de problèmes pour faire les graphiques et pour les statistiques. Le programme d’Afghanistan Libre a été très utile et important pour moi car il m’a permis de régler mes problèmes. J’ai l’impression de pouvoir mieux expliquer à mes élèves et de leur être plus utiles, d’être une meilleure professeure. »

Najma

Bénéficiaire de la préparation au Kankor

Zahra

Bénéficiaire d’une lampe solaire dans le cadre du projet 1 light/1 Tazkira​

« Je m’appelle Zahra, je suis une élève de Terminale au lycée de Naswan Paghman. J’ai reçu  une lampe solaire en 2016 qui m’a été très utile. Je veux réussir l’examen du Kankor. Je voudrais devenir avocate et je veux réussir à l’université. La lampe m’aide à étudier la nuit et je pense que je peux réussir l’examen du Kankor. De plus, la lumière me fait me sentir plus en sécurité quand je retourne de l’école et qu’il fait noir dehors. »

Mahajra

Bénéficiaire des consultations de la sage-femme

« Je m’appelle Maharja et je suis les sessions d’éducation à la santé de la Maison de Femmes d’Abdullah Bin Omar, je suis aussi une patiente de la sage-femme. Je suis allée voir la sage-femme 4 fois pendant ma grossesse : 3 fois avant l’accouchement et une fois après. J’ai toujours suivi les conseils de la sage-femme. Les consultations de la sage-femme ont été très efficaces pour moi parce que c’est la première fois que je suis mère. J’ai eu un accouchement normal, donc j’étais très heureuse. Grâce à la sage-femme, je vis heureuse avec mon bébé. »